La gagne

C’est fait. Les deux premiers de cette deuxième édition du St Hil Airtour ont franchi en ce vendredi 22 juin la ligne d’arrivée. A 13h30 c’est Clément Latour qui touchait le sol de Lumbin, suivit 5h plus tard à 18h25 par Victor Sebe.

A quoi pense-t-on dans ces moments-là  ? Ça y est c’est enfin fini  ? Dommage, c’est déjà fini  ? Exulte-t-on ou au contraire a-t-on un vide qui se creuse au fond de soi ? Au-delà de la fierté d’être premier, d’avoir bouclé, d’avoir passé la première balise, c’est selon…

Quelles hormones, quels mécanismes nous poussent à nous battre pour être au-dessus de soi, des autres  ? Si Clément nous dévoile sa joie d’avoir participé à ce Airtour, où le fait de pouvoir partir au sud ou au nord en fonction des stratégies de chacun est une des grandes forces de ce raid, Victor lui nous parle de ses grands moments passés en vol avec 25 vautours, et des moments de galères pour rejoindre Val Pelouse à pieds. Si la troisième place reste toujours à prendre ce soir, elle devrait échoir à un, voir deux, Petiot, tant l’un ne va pas sans l’autre. À moins d’un coup de théâtre…

Et les autres, ceux qui se sont battus pour la gagne, ceux qui se sont battus pour aller un peu plus loin que le point rejoint, ceux (peu nombreux) qui ont du abandonner, comment vivent-ils ces arrivées bien que la course continue  ? Sont-ils déjà dans la recherche de leurs erreurs  ? De ce qui les a contraint à moins de performance  ?

Je me souviens de ce concurrent  rencontré sur un bord de route. Pour lui l’important était simplement d’être là et de se faire plaisir en marchant, en volant si possible, et en rencontrant des amis. Si l’esprit du Airtour est «  montagne, vol, effort et aventure  », je rajouterai volontiers les mots convivialité, amitié, et solidarité. L’intérêt de l’aventure, c’est que chacun la met là où il la désire, et le Airtour laisse cette liberté.

Bon, il reste encore un peu plus d’un jour de course. Ce n’est pas tout ça mais il va falloir bouger…

Alain Doucé

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