Plouf et marche

Faire la route, tracer son chemin, vivre l’aventure du Airtour, c’est beau, mais pas facile tous les jours.
Même si dans ce type de raid, l’envie est de marcher un peu et de voler beaucoup, les conditions météo infligent souvent l’inverse. Ah, marcher… quelle belle activité ! Encore faut-il que ce soit dans un lieu sympa.
La pluie, le brouillard, le vent sont autant d’éléments qui font vivre les espaces autant que les êtres. Une fois bâché, les pas s’enchainent comme dans une bulle. Les foules ont déserté les sentiers et nous nous sentons seul gardien des lieux, maître du monde, de notre monde.
Mais « l’Airtourien » des vallées, envie celui des chemins de montagne. Cloué sur le plancher, le voila qui longe les rubans d’asphalte, pressé de s’élever de nouveau, impatient de s’extraire de ces cluses urbaines à la circulation dense et fébrile, pour arpenter les sentes sauvages et irrégulières. Sur le bitume les pieds s’ennuient autant que leurs propriétaires. Ils s’échauffent, et dans les longues lignes droites interminables crient « pitié » aux cerveaux. Et frôle le 38 tonnes, et klaxonne le blaireau aux vitres fumées.
Pendent ce temps, l’assistant fait le dos rond et espère autant que le pilote le créneau de vol. L’humeur suit le ciel, mais l’ambiance de la course, les liens qui se tissent entre tous les participants donnent une belle lumière aux heures qui passent dans cette histoire.
Demain, les conditions météo s’annoncent encore perturbées, ce qui devrait permettre aux premiers du sud de serrer la main des premiers du nord du côté de la Matheysine.
L’appréhension d’un paysage étant fonction de la vitesse où nous le traversons, le marcheur de fond de vallées souffre plus que le pilote des cimes. Mais le marcheur des sommets rigole quand le parapentiste redescend la voile dans le sac (Philosophe inconnu du début du XXIème siècle et qui le resta. Inconnu.).

Alain Doucé

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