La gagne solidaire

En voyant débouler Tom (Thomas Garde) sur la balise du Col de l’Aiguille, face à l’Obiou, en ce lundi 18 juin, j’ai pris conscience que le Airtour est une course, atypique certes, avec une envie forte de valeurs humaines d’accord, mais une course. « P… ils ont décollés il y a longtemps ? P… je vais me refaire… P… vite ma voile ».

En ce 18 juin jour de philo pour les bacheliers, il serait tentant de poser cette question : « La compétition est-elle facteur de conflit ou de réunion entre les Hommes ? ». Vous avez 4 heures.

Si le Airtour se présente comme un raide en équipe, la surface du terrain de jeu rend vite les autres concurrents abstraits. On double, on se fait doubler, on fait un bout de route ou d’air avec les proches, mais les autres, ceux qui sont hors de vue, restent des points abstraits mouvants sur la carte.

Mais, plutôt que de compétition, devrais-je peut être parler de jeu, car c’est cela qui est bon. L’autre nous permet de nous pousser un peu plus loin, nous aide à rajouter un kilomètre supplémentaire aux nombreux précédents, de pousser les voiles vers des brises inconnues. Il faut alors savoir distinguer le trop, continuer à être lucide sur les risques objectifs, grisé que l’on est par la pression jouissive que l’on s’inflige. Le Airtour est une occasion de participer à une aventure personnelle et humaine ou chacun est libre de s’arrêter 10 minutes ou une journée en fonction des envies. L’autre solution est de participer au Airtour comme bénévole dans la caravane. Mais là encore des choix stratégiques se posent. Partir au sud du côté de Gap pour manger des tourtons, ou au nord pour une assiette de diots. Mais là, je crois que Sylvain et Nico ont tranchés.

Alain Doucé

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