Il raconte la course !

Gaspard PETIOT, Maxime PINOT, Clément LATOUR, Antoine GIRARD, Julien WIRTZ, Arnaud BAUMY…
Ces noms ne vous sont sûrement pas inconnus ! Chacun d’eux partagera leurs visions et leurs analyses durant la compétition.

Damien Lacaze (J8)

The longest Airtour ever !

Le Airtour vient de se terminer. Une chose est sûre, ce fut le plus long et le plus difficile depuis que cette course existe. Plus de 7j de course ! Personne, pas même les concurrents n’avaient imaginé partir sur une course aussi exigeante physiquement. Imaginez, la X’Alps la plus rapide a été bouclée en 6 jours seulement, pour un parcours de 800km. Certes, les vols étaient beaucoup plus nombreux et longs, mais les efforts physiques qu’ont d fournir nos Airtouriens n’ont rien à envier à certaines X ‘Alps !

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Cela explique le fort taux d’abandon les 4 premiers jours. Marcher des journées entières sur de l’asphalte maltraite les corps et l’esprit bien plus que le dénivelé. D’autant plus qu’on rechigne souvent à s’entraîner pour ce genre d’exercice, disons peu épanouissant. Si vous ajoutez à cela de la pluie continue, des fringues, chaussettes et camions détrempés, le tout arrosé d’un copieux vent de Sud aussi loin que portent les prévisions météo, vous obtenez un cocktail « brise mental » des plus efficaces. Les copains compétiteurs venus sur l’événement pour varier les activités, claquer des beaux vols ont vite déchanté malgré une caisse plus qu’honorable en dénivelé. « Le plat, y a pas pire ».

Sans surprise, les mieux préparés ont résisté. Tanguy aux avant-postes, montrant encore une fois qu’il a une caisse de dingue, et toujours avec le sourire. Un bon groupe motivé lui colle au train, Steph, Maxime, Théo, Guillaume, Henri, Ludo, Tony et Fred : ils enchaînent les km à pied et les ploufs entre les rafales de Sud jusqu’au Serpaton, puis se payent de nouveau une bambée de l’Espace jusqu’à St Hil, ah non, finalement il faudra la prolonger durant la boucle de la Chartreuse, sous une pluie battante.
La Rampe de Laffrey, la traversée du Trièves, la descente et traversée de Grenoble… autant de lieux qui entrent désormais dans les annales des bambées infernales en marche et vol, elles viennent rejoindre la ligne droite de la Rochette ou la traversée de la plaine du Pô de Aoste à Tende (n’est ce pas Benoît ;-) ).
Nous sommes déjà Mardi soir, 3 jours de course et pas mieux que des ploufs, parfois améliorés. Les 3 premiers ont presque terminé la boucle de la Chartreuse, un bon groupe de poursuivants est au déco de St Hil, tandis que les autres viennent de quitter le Serpaton après une longue attente dans l’espoir d’avoir un créneau volable.
Les prévisions pour le Mercredi, toujours aussi pourries, le moral des troupes et les perspectives meilleures pour le reste de la semaine, poussent l’orga à imposer une matinée de repos. La course ne redémarrera qu’à 13H Mercredi.
A ce stade là, une dizaine de concurrents ont jeté l’éponge. Ce n’est pas moi qui les blâmerait, connaissant mon aversion pour le bitume !
Les 3 échappés en terminent avec la Chartreuse à pied et croisent les poursuivants pas loin du col du Coq. Ils décollent de St Hil vers 15H pour un glide amélioré vers le Nord. Derrière, ça marche toujours… La descente du Serpaton vers Grenoble fait encore des dégâts.
Après le vent de Sud fort et la pluie des premiers jours, c’est aujourd’hui du Nord soutenu qui colle nos gladiateurs au sol. Alors que les 1ers arrivent à s’extirper de la zone la plus ventée, les derniers écopent de la « double peine » dans le Vercors. Ils sont obligés de marcher … encore. Parfois, le parapente est injuste.
Le Mercredi soir, les 3 de devant ont encore enquillé 50km à pied, ils passent la nuit au pied de la dent d’Arclusaz, les poursuivants n’en ont pas encore fini avec la Chartreuse, seul Théo s’intercale et passe la nuit chez lui (non loin d’Allevard), les poursuivants s’étalent entre St Hil et Grenoble.

Pour Jeudi, ça s’annonce enfin volable ! Le moral remonte, les cuisses sont toujours lourdes, mais marcher pour décoller, donne une toute autre saveur à l’effort, et les organismes oublient un peu le plat.

Nos trois compères de devant décollent à 10H30 sous la dent d’Arclusaz et enquillent les faces Est des Bauges. Puis le Beaufortain pour taper TP9 à pied. Théo arrive à sauver les meubles en décollant de Montlambert 2h plus tard.
Derrière, ça roule moins. Personne ne décolle de St Hil. Un groupe de motivés se décide à partir à pied (la suite leur donnera raison, car malgré leur 60km de retard, ils recolleront la tête le dernier jour) pour traverser le Grésivaudan et se protéger du Nord en Belledonne. Ils décolleront d’Allevard à 15H30 pour un très beau vol en face Ouest. Ils recollent presque les leaders restés bloqués dans le Beaufortain.
Le soir, les 4 premiers ont claqué la Balise du mont Blanc au niveau du col du Joly, les 4 poursuivants sont juste derrière.
Derrière, Tony se met une mission pour remonter tout le Grésivaudan à pied suivi de Gepy et Philippe.

La journée du Vendredi verra de nombreux rebondissements nous tenir en haleine. Avec, toujours un fil conducteur : Tanguy qui nous montre qu’il ne sait pas que marcher. Il maîtrise parfaitement son jeu, se place où il faut, joue avec le Nord qui cloue ses copains au sol sur le col d’à côté, joue encore en évitant la brise de Moutiers par le haut à pied, pendant qu’elle rappelle à tous les autres qu’il ne fait pas bon essayer de forcer le passage, même avec un gun.
C’est cette option qui le placera définitivement en tête et démontrera encore une fois qu’il a parfaitement maîtrisé SA semaine en sachant aligner les km à pied comme personne, voler juste et anticiper les pièges.
A noter aussi le bon coup de Tom, qui décolle de St Hil, traverse ventre à terre vers la Savoyarde, redécolle à Montlambert et parvient à valider la balise des Saisies, du Mt Blanc en vol et à doubler Tony qui avait décollé de Montlambert le matin. Un autre groupe de 3 passera par les faces Ouest de Belledonne pour terminer la journée dans le Beaufortain.
Le soir, Tanguy, grâce à sa bonne option, a une vallée d’avance. Il passe la nuit en Maurienne alors que les 7 autres lascars sont toujours autour de Moutiers.

Le Samedi, Tanguy en terminera avec le Airtour de belle manière. Décollage en Face ouest de Belledonne pour raccrocher la face Est de Brame Farine, puis traverser la vallée, raccrocher les faces Est de la Chartreuse et rentrer pénard à St Hil, puis à la dent pendant que ces poursuivants font de même avec quelques heures de retard. Guillaume, en connaisseur des lieux, osera décoller plus tôt et prendra une belle avance pour signer une magnifique 2nde place qui doit le combler. La lutte pour la 3eme place est digne d’une finale de coupe du Monde !
Chacun y va de sa petite option pour gagner quelques minutes autant en vol qu’à pied pour terminer la dernière montée à la dent. J’imagine la bave aux lèvres et le « capot ouvert » de ces 4 (ou 5?) gladiateurs qui se tiennent dans un mouchoir de poche. Le premier qui décolle de la dent de Crolles aura gagné.
A ce jeu là, c’est Baptiste qui emporte le pompon.
Deux d’jeuns sur la boite, et un vieux briscard !
Tom signe encore un très beau vol en parvenant à forcer le verrou de Moutiers, il rattrape Maxime Boudot qui faisait partie des 3 échappés quelques jours plus tôt.

Ce dimanche matin, la course se termine à 10H. Elle permettra à quelques pilotes bien placés en altitude de faire de jolis glides pour grapiller des km. Malheureusement, personne d’autre ne parviendra au goal.

L’édition 2018 de ce Airtour, restera sans doute dans les mémoires. D’abord pour sa météo exécrable la 1ere moitié du parcours. Le Bornes to fly aurait-il réussi à refiler ses démons à quelqu’un d’autre ? Ensuite parce qu’elle nous aura tenu en haleine jusqu’au bout et aura permis de sacrer un nouveau champion, jeune, prometteur et très sympa.
Habituellement, les premiers bouclent cette course en 2 à 3 jours, il en aura fallu 7 cette année !
Un énorme bravo à tous ceux qui ont su tenir le coup durant ces journées de marche, mais également à ceux qui ont du arrêter, ça m’est déjà arrivé, je sais que ce n’est pas facile à accepter. Mention Spéciale à Yael, seule fille de cette édition qui s’est accrochée jusqu’au bout. Allant même jusqu’à marcher avec des béquilles en espérant voler du Serpaton.
Un autre bravo, au moins aussi énorme, aux bénévoles qui se motivent tous les deux ans pour proposer une course qui fait désormais, et depuis longtemps, partie intégrante des grands rendez vous de marche et vol en Europe.

Damien Lacaze

Gaspard Petiot (J7)

Après la tempête, la pluie, le vent, le Airtour nous gratifie de conditions de rêve pour le parapente et une fin de course d’anthologie !

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Hier soir, Le groupe de tête s’est expliqué via un face à face avec la brise de Moutiers ! Ce n’est donc pas une légende… Cette brise est très forte !!!

Tanguy a, une nouvelle fois, trouvé le moyen de faire le « break » et se retrouve ce matin aux portes de Belledonne. Il a surement ce matin, avant de décoller, la petite pression des familles…

Les poursuivants Guigui, Stéphane, Théo, Henry et Baptiste sont une vallée derrière, non loin du col de la Madeleine. Ils ont les crocs !

Si l’on regarde le livetracking attentivement, on voit que tout au long du parcours les athlètes montent vers la face Est la plus proche avec la banane ! Ca va vooooooler !

9h, tic tac, 10h tic tac… Feu ! Les parapentes sont dépliés, et c’est parti ! Tanguy fonce droit sur Brame Farine. Derrière les challengers visent le Mont Moulin… Est ce que ça va raccrocher ??? Tout le monde guette l’altitude des pilotes avec un petit stress…

Gagné ! Tanguy raccroche la face Est de Brame Farine! Il gagne magnifiquement cet Airtour 2018 ! Un immense Bravo à ce jeune mutant super talentueux qui aura été la locomotive de cette édition depuis le début.

Derrière un grand Bravo également au petit groupe des poursuivants, parfois vétérans (hein Guigui, Steph et Henry?) qui se livre une véritable manche de compétition pour rejoindre la dent de Crolles.

Mention spéciale pour notre Guigui national, créateur avec Prévol, de cette course magique. Bravo Théo et Baptiste !

Espérons que derrière, Max, Tom, Fred, Tony et le reste de la troupe encore en course, trouvent les ressources pour se rapprocher au maximum du Goal ces prochaines heures ! Ne lâchez rien, jusqu’au bout!

Demain la course se termine à 10h alors où que vous soyez, profitez tous de cette dernière nuit de course…avant de reprendre bientôt… la vrai vie !

Bravo à tous !

Gasp

Arnaud Baumy (J6)

Julien Wirtz (J5)

Je me dis parfois que la nature est chienne en quoi ceux qui ne sont pas dans le peloton de tête du Airtour ont-ils mérité un tel acharnement. Ils n’ont pas plus que les autres contribué au dérèglement climatique. Hier qui devait être la dernière journée de calvaire, ils ont tout donné, dans le vent, sous la pluie.

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Ils ont marché pour espérer aujourd’hui, au petit matin, trouver une belle journée ensoleillée et en haut d’une prairie, un décollage. Ils se sont dit : “allez dernier jour à en chier, demain c’est enfin la journée”. Ils ont marché, escaladé une clôture puis marché, grignoté un petit bout puis marché, bu un coup d’eau puis marché, envoyé des news aux copains ou à la famille puis marché et encore marché, même avec des béquilles pour certains (si si…) pour enfin atteindre un décollage, LE décollage.

Ce matin, c’est gorille dans la brume au Serpaton et ce vent de nord qui vous glace. Au décollage de Saint Hil, c’est volable mais avec le nord et les plafonds bas ça ne permettra pas de faire le petit tour en Chartreuse, au mieux une fléchette à Chamechaude. La nature est parfois chienne…

Devant c’est pas Byzance mais pour ceux qui ont fini la petite boucle, d’une fléchette de Saint Hil., ils redescendent dans la vallée et s’extirpent (à pied dans un premier temps) de la malédiction du Vercors et de la Chartreuse pour bénéficier d’un vent plus clément dans Belledonne. Ensuite Prérond au-dessus d’Allevard leur permet de se lancer à la chasse du groupe de tête avec toujours ce petit moment de doute entre la Rochette et Chamoux (vallée des huiles quand tu nous tiens…).
Fin de ma journée de biplaces, je peux enfin me concentrer sur la course et voir notre petit groupe de poursuivants (Guigui Bellet, Baptiste Yout, Henri Montel et Fred Souchon) se battre sous le signal de Bisanne, pour passer la balise en vol, abandonnant au passage Fred dans la face EST et planant dans la vallée de Hauteluce. Chapeau les gars c’est la bonne opération de la journée…
Le groupe de tête composé d’abord de Stéphane GARIN, Tanguy Renaud-Goud, Maxime BOUDOT, ont comme dans les plans commencé fort la journée sur les faces EST des Beauges puis ont subi un passage à niveau juste après Albertville avec de bons étalements nuageux. Ils ont dû monter à Bisanne à pied ce qui a permis le retour de Théo qui c’est posé juste sous le signal. Les 3 mousquetaires devenus 4 ont patienté en haut dans l’attente d’un vol pour finalement aller vers la balise 10 à pied.
Bonsoir, je vais aller faire manger les enfants, avec une pensée toute particulière à ceux qui ont tout donné mais ont dû jeter l’éponge. Bravo on a souffert avec vous devant nos écrans une bière dans une main, le bol de cacahuète dans l’autre…

Julien Wirtz

Antoine GIRARD (J4)

Clément Latour (J3)

Hello les Hike and Fly addicts !

Hello à vous qui avez encore hésité a vous inscrire pour le Air Tour cette année. Vous qui avez eu un empêchement de dernière minute, un pressentiment quelconque qui vous a poussé à ne pas faire ce dernier clic qui aurait validé votre inscription.
Vous qui regardez la course sur votre écran bien au sec,  à l’abris du vent et des orages, sans risquer les courbatures, fringales, ampoules, tendinites et autres petits bonheurs du Hike and Fly….
Avouez qu’ on a eu du bol de faire l impasse sur cette édition !

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Admettez que ce repas chez la belle mère, ce mariage, ce séminaire ou ce refus de congés qui vous a fait vous désister pour indisponibilité, à contre cœur, sera un vrai bonheur tout compte fait !
Sinon vous y seriez ! Oui, vous y seriez vous aussi dans l’arène avec les autres gladiateurs de cette abominable édition 2018.
A affronter les colosses que sont le vent, puis la pluie, les orages et encore le vent, et le vent + la pluie.

Les éléments se déchaînent sur nos coureurs depuis 3 jours. Ils sont détrempés et ont tout juste sorti les voiles du sac. Ils ont bien fait quelques ploufs, quelques fléchettes améliorées, voir pour une poignée d’élus, quelques vols de distances.
Mais franchement, ils usent plus les semelles que les bords d’attaque !
Et pourtant ils continuent d’avancer sur le trait, d’avaler les km et de se rapprocher du but, malgré les obstacles.
Rien ne les arrêtera.
Comme rien de ne nous empêchera de scruter nos écrans toute la semaine.
Parce qu’on peut se l’avouer aussi : les conditions sont rudes, ça vole pas assez à notre goût (ni au goût des gladiateurs d’ailleurs), mais ça reste quand même impossible de décrocher du live tracking !

Les leaders ont aujourd’hui bouclé la première boucle, et très bientôt la seconde. Ils sont toujours emmenés par Tanguy, qui a bien imposé son rythme depuis le départ.  Chapeau Tanguy, on savait que tu volais très bien… Mais on savait pas que tu courais encore plus vite !
Et Stéphane qui recolle ! Incroyable cette journée.  Que de suspens pour les jours à venir ! Attention les gars au Bourguignon en embuscade ! Il semble bien en canne lui aussi. Et sur la durée, il est préparé le Max.
Ce jolie trio de tête va peut être bien croiser les copains demain. Ça promet un bon moment.

Et parlons des poursuivants ! Il me semble avoir vu des belles actions juste derrière.  Un petit créneau bien optimisé et voila notre Guillaume qui nous fait des miracles en vol ! Il aura vraiment fait de son mieux pour dormir à la maison le local de l’étape. Faut dire qu’avec des petites jambes comme les siennes, mieux vaut être bon en vol (de rien Guigui!).
Et le Serpaton, parlons en du Serpaton. On aura  jamais vu autant de pilote qu’aujourd’hui sur ce site. Ça décolle le matin, le soir, sous les nuages, entre les nuages, vent de face…ou de cul ! Ça redescends à pied pour les malchanceux.
Mais ils sont nombreux à avoir coché cette belle balise aujourd’hui. Et ils seront encore quelques uns demain.

Alors on laisse encore passer un peu de mauvais demain. Un déluge, quelques rafales…  On continue de se défouler à pied pendant que les éléments se déchaînent. Et ensuite on entrevoit des possibles créneaux de vol pour la fin de semaine ! Si si, regardez bien!

A tous les gladiateurs : gardez le moral ! Restez mobilisés ! Vous avez fait le plus dur ! Et on continue de vous suivre sur nos écrans, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’ils volent !

Et surtout bravo à tous, que vous soyez premiers, derniers, que vous ayez volé ou seulement marché ou que vous ayez abandonné ! Car contrairement à nous, vous avez eu le courage de prendre le départ cette année.

Clément Latour

Maxime PINOT (J2)

J’avais presque pour espoir de pouvoir faire un article dans l’esprit art contemporain, genre Tableau Blanc sur Fond Blanc de Malevitch, ou un truc du style maxi un mot ou deux :

Pluie. Fin(e).

Mais je trouvais ça assez moyen. Du coup, j’ai commencé à me poser la question : mais qu’est ce que je vais bien pouvoir raconter d’une journée de marche interminable (nous étions alors à la mi journée) ?

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J’ai bien pensé à deux ou trois anecdotes de la veille (du réchauffé, mais à midi je n’avais pas grand chose à me mettre sous le dent): genre Guillaume Bellet qui grignote la zone du Versoud sur un plouf à St Hil, et prend trois heures de pénalité. Mais je me suis dit que c’était mal venu de se moquer d’un petit nouveau qui débute et qui ne connait pas trop le coin.

Alors j’ai cherché l’inspiration du côté de chez mes confrères de l’Equipe 21, qui arrivent quand même à commenter de la pétanque. Je me suis dit, « Vas-y Max quand même, tu devrais bien trouver un truc ».

Du coup j’ai regardé les entreprises spécialisées dans le béton du côté du pays Matheysin, vu qu’après le passage de nos gladiateurs des routes, j’ai pensé que les routes mériteraient un petit coup de poliche. Bingo, je vous le donne en mille : l’entreprise « Béton Matheysin ». Et là, le coup de massue d’un laconique commentaire : clôture pour liquidation judiciaire… Les mecs auraient eu du nez, ils auraient attendu le passage du Airtour !

Parce que cette année c’est du hardcore ! Vous savez, il y a trois mythes indéboulonnables dans les compétitions de Hike and Fly : la ligne droite de la Rochette, la traversée du Trièves à pied, et le vent de face. Va-t-on voir se réaliser le coup du chapeau sur cette édition ? Tout est encore possible !

J’en étais là de mes délires de midi, lorsque tout s’est enchainé : quelques gladiateurs des routes sont devenus gladiateurs du ciel !
Henry Montel a ouvert le bal dans un plus pur style « engage plus si tu peux », tout content qu’il devait être de pouvoir traverser une partie de l’enfer matheysin à dos de parapente, plutôt que son parapente à dos d’homme.

La réplique du groupe de tête, le groupe dit « des mulets », ne s’est pas fait attendre. Tanguy qui démontre ses grandes qualités physiques depuis le début de la course, valide la balise du Serpaton premier et file pour un vol qui l’amènera du côté de Vif.
Il est suivi de près par Max Boudot, lui aussi bien en cannes et plus motivé que jamais.

Mais le vrai gladiateur c’est Steph Garin, qui enchaine un Ironfly qui fut des plus ensoleillés avec un Airtour lui aussi exceptionnel. Steph nous gratifie d’une figure assez cocasse : 10m/s dans un sens, puis -22m/s dans l’autre. Nelson Montfort est en arrêt cardiaque devant le live track. Le patineur repose sur ses pattes et prend un 10/10 de style ! Chapeau l’artiste !

Théo, en vol au même moment avait peut-être flairé le sale plan et pose un peu plus court mais reste placé en 4ème position.

Le dernier «no fear » de la journée viendra de la paire Benjamin Gaudry/Olivier Humm, en mode aventure (donc vraiment « tranquille on engage pas la viande » et tout ça tout ça) en marche arrière dans le Valbonnais. Suivis de Yaël Margelish, qui en aurait fait rougir plus d’un, et qui s’exprimera en ces mots : « ben putain… tellement chaud le posé » (avec l’accent valaisan).

Pour le peloton, il faut encore traverser ce fichu Trièves. Courage les gars ! Demain c’est bon… enfin il y a moins de vent. C’est vraiment gênant la pluie ? Et surtout n’hésitez pas à profiter de l’accueil des locaux. Ne dit-on pas d’ailleurs : « Mieux vaut avoir un loup dans son jardin qu’un Triévois pour voisin » (merci google).

Le déroulé des évènements va être passionnant. Ces deux journées vont avoir leur impact sur les organismes et sur les « mentals » (et les manteaux, mais pour d’autres raisons… wesh) de nos athlètes. Comment aborder la transition météo qui semble pointer son nez mercredi ? Comment gérer sa tactique ? à la Tanguy en prenant chaque mètre à prendre, ou plus en retrait, à l’économie ? Pour sûr, tout reste à faire !

Je vous souhaite à tous le meilleur, et ne lâchez rien !

Max Pinot, en direct de son canap

Gaspard PETIOT (J1)

Bienvenue sur la moquette de Saint Hilaire du Touvet pour une compétition hors normes !
Le Airtour 2018 !

Sur la ligne de départ, les athlètes sont prêts à en découdre ! Il y a les habitués du circuit, les vieux briscards aux genoux cagneux, les jeunes aigles vifs et fougueux, les avions de la PWC qui aimeraient ne pas trop marcher mais aussi tous ceux qui sont là pour se faire plaisir sans se tirer la bourre mais plutôt pour en prendre plein la vue toute la semaine. Tout ce petit monde trépigne d’impatience avant le top départ vers les balises du sud…

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Top ! C’est parti ! Feu gaz les amis ! C’est une ribambelle de fléchettes qui lance la course plein sud sous les faces ouest de Chamrousse, première balise de la course. Les pilotes planent en escadron avant d’attaquer la première (méga) montée à pied vers la station ! Devant, Quentin Leroulley (1er à à la balise B1) et Tanguy Renaud Goud envoient fort. Derrière, tout le monde enquille comme il peut! Yael, unique féminine de la course est au contact avec le groupe.

Pourtant, l’adversaire redoutable du jour n’est pas un pilote !! Non aujourd’hui l’adversaire c’est VENTILATOR, le vent du Sud de la mort qui va anéantir les plans de vol d’une bonne partie de la flotte.

Une fois cochée la balise B1, ça cogite fort chez les coureurs… Quelle tactique adopter avec Ventilator alors que l’objectif c’est justement d’aller plein Sud ?

Il y a ceux qui décollent dès qu’ils le peuvent en léchant les faces Ouest vers Vizille. Aïe… Ça ne fonctionne pas ! Ceux-là doivent maintenant débrancher le cerveau, plaqués au sol sur le bitume bouillant. Il va y avoir de nombreux kilomètres à pied vers les lacs de Laffrey ! De nombreux pilotes suivent en colonne derrière la machine du jour, j’ai nommé Tanguy Renaud Goud.

Certains pilotes malins tentent de « couper sur le trait » direction la Morte mais ceux-là aussi se retrouvent très vite plaqués au sol à remonter depuis « tout en bas » (Sechilienne) vers « tout en haut » en Matezine.

Peut être encore plus malins, ils y a ceux qui tentent par les faces Est ou Sud comme Martin Rebord, Antoine Gerin Jean et Manuel Bréchignac et qui se retrouvent perchés puis satellisés à 2400m ! Derrière nos écrans et tablettes, une bière à la main, on les imagine déjà grands gagnants du jour mais … 10 minutes plus tard Ventilator plaque tout le monde à terre en fond de vallée #retouràlacasedépart ou #commentperdre2000men10min… Martin Rebord se fait, au passage une belle glissade sous le vent en mode « sauve qui peut » dans la machine à laver jusqu’en fond de vallée sans pouvoir valoriser le gaz !

Le vengeur « voilé » Ventilator (est il accompagné de pluie?) semble empêcher le décollage de nombreux pilotes en queue de course qui se retrouvent à devoir errer sur le plateau de Chamrousse en quête d’une solution de secours.

Bravo à Frédéric Souchon, élu (Je suis seul dans le jury:) ) pilote de la journée! Il est d’abord le seul pilote qui parvient à traverser la vallée de Sechilienne en vol ! En remontant sur la station de Saint Honoré, il décoche ensuite un magnifique vol face au vent jusqu’aux portes du Valbonais ! Posé à 20h30, il économise ainsi une énergie précieuse pour la suite… Chapeau l’artiste !

Pour le reste de la troupe, la fin de journée parait difficile et douloureuse sur le goudron et les sentiers. Aujourd’hui Ventilator a frappé fort et a mis tout le monde d’accord ! Et demain il est possible qu’il soit encore plus fort…

Gaspard