Le live ou la life.
Mercredi 22 Juin
Comment suivre une course, aussi passionnante qu’elle soit, alors que les concurrents sont éparpillés dans la nature, parfois à des dizaines de kilomètres de distance, et ce, sur terre et dans les airs ? Loin du stade, loin du cœur ?
Bien sûr il y a les fans, les amis proches, ceux qui à l’occasion ou quotidiennement vont suivre sur le terrain le pilote, l’assistant, vont encourager, partager un bout de route, de fromage, de sueur. Et puis il y a les autres, nombreux, les passionnés, les proches, les curieux, qui loin ou occupés suivent le Airtour sur internet pour suivre les commentaires, les news, regardent les photos, et le live tracking. 2633 connexions du monde entier rien que sur la journée d’hier, 21 juin.
La course devient virtuelle.
On essaye d’imaginer quel est la réalité du terrain, la nature du chemin, le temps qu’il fait. Dans le monde merveilleux de Google earth il fait toujours beau. Les ampoules, les coups de moins bien, le vent dans la voilure n’existent pas. C’est avec les commentaires qu’on les imagine, qu’on en effleure la réalité. Le virtuel nous détache du tangible pour mieux nous associer à la course que l’on réécrit dans nos êtres. Mais où est truc, et que fait machin ? On se prend au jeu et l’écran allumé, on est là, avec vous sur le terrain à sentir l’odeur de l’asphalte quand le temps est lourd, et l’odeur de la bière quand il s’agit de récupérer. Juste pour faire un petit bilan de la journée, il n’y a eu pratiquement aucun vol mais surtout de la marche de la marche et encore de la marche. Toujours est t’il que les premiers sont déjà au dessus de la Clusa, que notre ami suisse parti vers le sud, Alex, se trouve entre La Mure et l’Obiou, et que malheureusement il y a eu un premier abandon sur épanchement de synovie en la personne de Julien Champelovier.
Je vous envoie une grosse brassée de courage pixélisé en attendant le retour des conditions de vol.
Alain Doucé








